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Les dossiers de l'obstétrique (2/2)

        En patientèle, dans le cadre de la grossesse, nous devons faire face à deux types de demande : l'une de type symptomatique, où les patientes adressées par sages femmes ou gynécologues, se présentent dans des phases souffrantes et conflictuelles, et l'autre, de type prophylactique (sous forme de projet de grossesse), lorsque les précédents épisodes gestationnels se sont plutôt mal déroulés. La validation des améliorations apportées par la prise en charge ostéopathique repose, dans le premier cas, sur des enregistrements monitoring réalisés par les sages femmes, et dans le deuxième cas, sur la simple satisfaction de patientes appréciant un confort probant. Bien entendu, nous pourrons sans peine, dans un proche avenir, fournir chiffres et statistiques en rapport avec les améliorations enregistrées sur les cas symptomatiques, mais pour la deuxième catégorie, les notions de confort et de parfaite aisance seront plus difficiles à quantifier, bien que toutes aussi capitales.

    Pour conclure, nous aimerions insister sur le fait que tout thérapeute s'intéressant à la grossesse, ne devrait jamais considérer comme inéluctable et insurmontable l'engagement du fœtus dans le bassin maternel lors des dernières semaines ou des derniers mois. Cet engagement est souvent vécu comme une fatalité, en effet, la prise en charge classique ne propose qu'un alitement maternel - partiel ou total - qui ne réussit pas pour autant à « remonter » le mobile fœtal. Celui-ci restera donc coincé et confiné au « rez-de-chaussée », au lieu d'occuper tout l'espace normalement promis et nécessaire. Nous pouvons voir sur les schémas suivants, une partie – localisée au crâne - des conséquences tissulaires possibles de cet engagement prématuré :
    Lorsque la tête de l'enfant est engagée dans la filière pelvienne sur un axe antéropostérieur durant les dernières semaines de grossesse, la croissance osseuse du crâne peut être perturbée et dans ce cas, le nouveau-né sera de type brachycéphale. Il nous est permis de supposer que l'agencement neuro-méningé sera également quelque peu concerné par ces phénomènes de restriction, et que certainement, chose plus subtile, mais non moins importante, de par la souffrance ainsi occasionnée, l'émotionnel inconscient et primaire du futur enfant s'en trouvera marqué pour longtemps.
    À l'inverse, lorsque le fœtus viendra s'engager sur un axe sagittal, le nouveau-né sera de type scaphocéphale. De fait, toutes les positions intermédiaires (axes mixtes) pourront être envisagées avec des conséquences asymétriques et variables pour le corps du futur bébé.
    Les différents schémas proposés ci-dessus sont de Frank H. Netter, ils sont tirés du merveilleux ouvrage d'embryologie de Larry R. Cochard. Nous ne pouvons qu'admirer un tel ouvrage, mais lorsqu'il y est dit que les anomalies de la croissance imposées par les contraintes utérines ont vocation à récupérer naturellement et spontanément, lors des six premiers mois de vie de l'enfant, nous ne pouvons que protester, car selon notre expérience, il nous a été donné de constater, maintes fois, la persistance de contraintes importantes au sein des organismes infantiles que nous avons eu à soigner (des milliers de confrères ont également fait ce type de constat). Nous sommes ici en présence d'un hiatus existant entre les connaissances médicales classiques et les orientations ostéopathiques, hiatus qui ne devrait pas tarder à être comblé, car à l'évidence, le travail des uns et des autres est sous tendu par le désir d'améliorer le plus tôt et le plus efficacement possible l'ensemble des maux qui peuvent affecter un individu sa vie durant.
    Il existe, bien évidemment, des contre indications au travail ostéopathique pendant la grossesse, notamment les décollements placentaires qui sont relativement fréquents – et bien souvent sans conséquences - lors du premier trimestre, ainsi que tout saignement suspect ou toute altération marquée de la tension artérielle. De toutes manières, les femmes enceintes nous étant adressées par les professionnels compétents que sont gynécologues et sages femmes, nous avons assez peu à nous préoccuper de ces contre indications et seulement besoin de les connaître. De plus, le travail ostéopathique proposé, toujours pratiqué dans l'esprit du « primum non nocere », est d'une telle douceur, que peu d'arguments peuvent lui être opposés, surtout en tenant compte de l'évidence de ses bénéfices.
    B. Conjeaud
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