Les points de Chapman
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En 1937, une équipe d’ostéopathes, conduite par Franck Chapman, travailla à étudier le rôle de certaines indurations, sensibles à la palpation, situées dans le tissu conjonctif sous-cutané, indurations qui pouvaient disparaître après traitement manuel. Ils firent une étude détaillée des troubles ressentis par les patients pour chaque point recensé. Ils établirent, en conséquence une cartographie précise de tous ces points. Cartographie encore utilisée à l’heure actuelle par de nombreux praticiens. Selon Chapman et son équipe ces petites formations conjonctives possédaient un intérêt diagnostique important : la présence d’une induration signifiait toujours la même dysfonction, et après un traitement de 15 à 20 secondes, par frictions circulaires, le soulagement était constant. L’emploi des points de Chapman dans la pratique courante de l’ostéopathie est cité par les plus grands ostéopathes de Gordon Zink, Béryl Arbuckle, Magoon, à Uppledger. Tous en vantent la facilité d’emploi, la rapidité d’effet et l’intérêt diagnostique pour la recherche de la lésion primaire. Small, de l’équipe Chapman, fit des dissections au collège ostéopathique de Chicago. Il choisit de travailler sur les points de Chapman thoraciques, près du sternum. Il découvrit que ces petites indurations sensibles étaient nichées au sein du tissu lymphoïde intercostal, entre le plan antérieur et le plan postérieur du fascia intercostal. Les indurations ainsi mises en évidence se comportent, sur le vivant, comme un récepteur sensitif qui, lorsqu’il est hyper excité, diminue le flux lymphatique dans les ganglions pectoraux, via le canal thoracique à gauche et la grande veine thoracique à droite. Lorsque ces points sont traités il s’ensuit une dilatation des vaisseaux lymphatiques et un meilleur drainage des organes situés dans la région de la zone métamérique concernée. L’équipe de Chapman eut pour guide l’anatomie et la topographie lymphatique, en rapport avec la distribution nerveuse et les connexions viscérales. Ainsi, pour ma part, depuis plus de 20 ans je fais du « Chapman » sans le savoir, en utilisant une modélisation « empirique » (expérimentale), d’où nous pouvons déduire que tous les chemins mènent à la « réalité » du corps.
S’il était d’usage à l’époque (en 1937), et à la nôtre encore, de penser qu’un déséquilibre articulaire était au départ de toute maladie, Franck Chapman et son équipe amenèrent une idée nouvelle : seulement 20% des lésions ostéopathiques ont une origine ostéo-articulaire, la plus grande partie des lésions trouvent leur origine dans les fautes d’hygiène de vie, de diététique qui nous rendent réceptifs à des facteurs ajoutés, infections, faux mouvements, après lesquels le retour à l’état d’équilibre physiologique est rare, et incomplet. Il reste, dans la plupart des cas, une stase lymphatique. L’addition de stases lymphatiques successives finit par réduire la vitalité et l’efficacité des systèmes d’auto régulation, évacuation des déchets, circulation des protéines, mobilisation lymphocytaire (immunité active). Après traitement des points de Chapman, les corrections ostéoarticulaires (ou dure mériennes) donnent des résultats plus complets, plus rapides et plus stables. L’application de la méthode pour la détection et le traitement des points de Chapman permet au praticien de traiter « juste » à l’endroit de la « lésion »(obstruction, rétention, stase, etc.), et de donner moins de coups d’épée dans l’eau, de ne toucher qu’à l’essentiel et de laisser vivre le corps autour de la zone libérée. Dans le texte originel, de Daniel Fernandez, il était écrit : « La libération des points de Chapman permet de donner moins de traitements généraux… ». J’ai corrigé cette phrase car selon mon expérience, après la libération ponctuelle d’une zone tissulaire (ou d’un système), il nous faut impérativement revenir à l’interaction des systèmes et donc à la globalité. Le mérite de l’équipe Chapman a essentiellement été d’établir une cartographie des points principaux, car on ne peut pas dire qu’il a « découvert ces points », pas plus que Colomb, n’a « découvert l’Amérique » (elle existait déjà depuis fort longtemps, avec ses propres habitants…). D’autant qu’un texte écrit en 1897 par un certain Docteur Aran, s’appuyant sur les travaux d’un gynécologue suédois, le Docteur Viderstroems, disait ceci : « On trouve fort souvent dans l’anneau celluleux qui embrasse le col de l’utérus, plus rarement dans les ligaments larges, des épaississements et des indurations qui peuvent, après la mort, perdre leur consistance au point qu’il est difficile de les découvrir en dissection. Ce sont des indurations de lymphe ou de sérosité disposées dans les mailles des tissus, ou de simples indurations avec noyaux fibro-plastiques. Nous sommes en 1897, ainsi la science n’a pas créé ni « découvert » le corps, elle cherche depuis fort longtemps à le comprendre, en établissant le plus de modélisations possibles, mais rappelons que la carte n’est pas le territoire, et qu’il reste bien des zones d’ombre, des « Terra Incognita » à explorer avec nos petits doigts agiles curieux et mutins. Pour être plus précis, si à présent l’ensemble du territoire corporel nous est connu (jusqu’à un certain point de son microcosme quand même), l’utilisation d’un grand nombre de points corporels à des fins curatives reste bien souvent mystérieuse, et rend le monde scientifique fort perplexe, bien qu’il ne puisse que constater l’efficacité de certaines pratiques, de certains modèles « énergétiques » ou réflexes. C’est comme si « quelqu’un » avait placé à la surface du corps (ou dans sa profondeur), à portée de main et de compréhension des clefs thérapeutiques qui ne demandent qu’à être utilisées.
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