Dans notre pratique, si nous pouvons utiliser les points de Chapman, de façon heureuse et efficace, il nous faut ensuite traiter l'organe en rapport avec ses points, soit dans la densité qu'il exprime, soit dans le ralentissement de sa motilité, toujours en tenant compte de son environnement fascial, et en libérant les voies d'apport autant que les voies d'élimination. Ceci redevient somme toute de la physiologie traditionnelle, et si certains praticiens suspicieux ou dubitatifs se demandent comment nous faisons cela avec nos petits doigts, il suffit de leur rappeler que la virtuosité d'un grand concertiste, la coordination entre mains et cerveau (voire la connexion avec la liberté d'être…), ne s'acquiert qu'après d'innombrables heures de pratique.
Recherche des points : il faut, dans les régions suspectées, faire glisser la peau sur les plans profonds, afin de découvrir une induration de la taille d'un grain de riz, d'une lentille ou d'un noyau d'olive, sensible à la pression.
Le traitement : s'effectue en ponçant de manière circulaire une « vingtaine de secondes » chaque point, pour ne plus y toucher. Il s'agit d'envoyer un message au système nerveux autonome, pour qu'il libère la zone traitée dans le but de rétablir la circulation interstitielle, lymphatique et hormonale. C'est pourquoi, une fois le message envoyé, il ne faut plus y toucher par risque de saturer d'informations réflexes le système nerveux. C'est comme toujours, en ostéopathie globaliste (ou tissulaire) une question de juste mesure et de ressenti. Juste mesure et juste propos nous imposent de nous adapter aux réponses corporelles et ces adaptations nous poussent même à nous interroger sur l'utilité des manœuvres circulaires ou la quantification des 20 secondes.
Il est préférable de traiter les points au fur et à mesure que vous les découvrez en procédant méthodiquement, afin de ne pas en oublier. J'apporterai encore un bémol à cette affirmation. Evidemment, si votre expérience tissulaire est plutôt réduite, vous pouvez envisager de traiter tous les points détectés, et ce faisant vous ferez grand bien à vos patients. Mais, si vous êtes plus expérimentés, vous dégagerez une hiérarchie de traitement de certains points, plutôt que de tous, en fonction de « l'urgence » symptomatique (bien entendu, on ne se laisse jamais guider par le symptôme, mais on le « comprend », on le « ressent » tout au long de la séance) ou de la phase d'évolution du patient, en rapport avec sa « nécessité » du moment. Vous serez fixé sur cette nécessité en revenant constamment à la globalité avec des questions basiques, où est-ce que « ça » coince, où est-ce que « ça » ne circule pas, etc. Puis, il vous sera possible de rebondir de système en système, c'est cette faculté d'adaptation à l'interaction des systèmes qui rend les praticiens heureux (et les patients aussi bien sûr…).

Il est préférable de traiter les points au fur et à mesure que vous les découvrez en procédant méthodiquement, afin de ne pas en oublier. J'apporterai encore un bémol à cette affirmation. Evidemment, si votre expérience tissulaire est plutôt réduite, vous pouvez envisager de traiter tous les points détectés, et ce faisant vous ferez grand bien à vos patients. Mais, si vous êtes plus expérimentés, vous dégagerez une hiérarchie de traitement de certains points, plutôt que de tous, en fonction de « l'urgence » symptomatique (bien entendu, on ne se laisse jamais guider par le symptôme, mais on le « comprend », on le « ressent » tout au long de la séance) ou de la phase d'évolution du patient, en rapport avec sa « nécessité » du moment. Vous serez fixé sur cette nécessité en revenant constamment à la globalité avec des questions basiques, où est-ce que « ça » coince, où est-ce que « ça » ne circule pas, etc. Puis, il vous sera possible de rebondir de système en système, c'est cette faculté d'adaptation à l'interaction des systèmes qui rend les praticiens heureux (et les patients aussi bien sûr…).
Si vous désirez de plus amples informations sur la pratique des points de Chapman, je vous encourage à rechercher les stages de pratique qui s'y rattachent, sinon selon mon expérience, il est mieux de regarder toutes les cartographies pour ce qu'elles sont : des cartographies fictives, tant il est vrai que la réalité de chaque patient est presque toujours inédite. Cela peut être agaçant ou amusant, c'est selon la disponibilité du praticien. Pour être adaptatif, il est bon de comprendre intention et bien fondé de plusieurs modélisations, d'envisager plusieurs cartographies, pour finir par établir son propre modèle en rapport avec son expérience : expérience acquise lors des confrontations avec les corps des patients certes, mais également, sur son propre corps, en gardant la porte ouverte à toute nouvelle expérimentation susceptible d'enrichir notre vécu (sans hiatus, il est important de ne pas sauter du coq à l'âne…).