« La vie est brève, L'art est long, L'occasion fugitive, L'expérience incertaine, Le jugement difficile.» Hippocrate
Et, il reste tant de choses à apprendre et à découvrir, qu'une seule vie n'y suffira sans doute pas. Ce type de pensée loin de m'accabler, m'aiguillonne et me motive, jour après jour, rencontre après rencontre, découverte après découverte. Je n'ai qu'une angoisse : que la curiosité me quitte…
Les ostéopathes chevronnés sont des gens désespérément agaçants, notamment pour les débutants qui tentent consciencieusement d'apprendre encore et encore, en répétant avec application et acharnement toutes les techniques entrevues lors de leurs longues études. Ces messieurs très expérimentés vous contemplent avec un œil empli d'une grande compassion, mais dans l'autre (œil), ils ont grand-peine à dissimuler une certaine moquerie face à votre agitation et à la multiplicité des techniques que vous avez à cœur d'employer lors de votre pratique. Ainsi, Hugh MILNE nous dit : « Les débutants veulent apprendre toujours plus de techniques. Lorsque vous deviendrez un maître, une seule technique suffira. »
Mes amis musiciens, qui ont tous une bonne trentaine d'années de pratique instrumentale derrière eux, tiennent également ce décourageant discours. Ils prétendent que jouer du rock and roll est vraiment une activité tout ce qu'il y a de plus simple, et pour appuyer leurs dires, ils citent un grand nombre de chansons qui sont passées à la postérité, et qui pourtant, n'ont été construites qu'en 2, 3 ou 4 accords au maximum. Ils citent ainsi : Walk on the wild side (Do, Fa, Ré) ou Heroin (Sol, Ré) de Lou REED, And I love her des BEATLES (Fa # mineur, Mi 6ème), ou un grand nombre de chansons de Bo DIDDLEY construites sur un seul accord de Mi, ou encore Alan VEGA le roi du minimalisme de la fin des années 70 qui a construit son hit: "Juke box baby " sur un accord lancinant de Fa # majeur.
Moi-même, parfois un peu frimeur et surtout ravi de ma récente facilité ostéopathique, j'ai tendance à dire : « Je ne connais qu'une seule technique essentielle, applicable aux différents endroits du corps ayant besoin d'être libérés : la compression. Nous pouvons donc utiliser, à cet effet, successivement du CV4, du CS4, du CR4, du CF4, du CD4, etc. » C'est bien entendu une façon de taquiner mes interlocuteurs en phase d'apprentissage. Je me dois de préciser que la technique dite du CV4 est appelée dans sa dénomination complète : compression du 4ème ventricule. C'est du moins le nom qui lui avait été attribué par William Garner SUTHERLAND. Par respect pour le créateur de cette technique (magique), nous avons conservé son appellation originelle, mais la plupart des praticiens actuels sont bien conscients qu'ils ne compriment en aucune façon le quatrième ventricule. Il n'en demeure pas moins que l'efficacité de cette manœuvre « passe-partout » est indiscutable en matière d'impact parasympathique et que nous y recourrons fréquemment en début de séance pour apaiser les effervescences du patient, tout autant que pour interroger son agencement crânien ou l'ensemble de ses chaînes, fasciales ou méningées. Des praticiens comme Pierre TRICOT en ont même fait l'arme principale de leur arsenal thérapeutique. Jusque là rien de surprenant, mais que sont les CS4, CR4, CF4, CD4, etc. ? Ce sont tout simplement les noms que j'ai attribués aux manœuvres concernant le sacrum (CS4 correspond à la compression du 4ème sacrum…), la rate, le foie, ou le diaphragme. Nous pourrions ainsi faire le tour du corps, bien évidemment. Dans cette façon de taquiner mon interlocuteur, il y a bien évidemment une volonté de l'interpeller et surtout de lui démontrer qu'effectivement avec une seule manœuvre nous pouvons répondre aux différentes rétentions énergétiques (encore appelées kystes énergétiques), quelque soit leur localisation corporelle.